article crée le 07/04/2021, dernière modification le 07/04/2021

PODCAST "ALLO CAP EMPLOI" #17 : Les troubles musculosquelettiques

PODCAST ALLO CAP EMPLOI #17 : Les troubles musculosquelettiques

Dans quasiment tous les corps de métier un soucis très particulier guette les salariés il s’agit des troubles musculosquelettiques qui sont des maladies qui touchent les articulations, les muscles et les tendons.

L’intérêt de ce podcast est de permettre aux différents publics des CAP EMPLOI de prendre connaissance des divers services de l’Organisme de Placement Spécialisés au service des personnes handicapées et des employeurs. Et notamment de produire de la documentation parfaitement adaptée aux publics malvoyants.

Ce podcast est un outil ludique pour les malvoyants, mais nous devons aussi penser aux malentendants, c'est pourquoi vous retrouverez la retranscription du podcast ci-dessous :

INTRO : Bonjour et bienvenue dans votre nouvel épisode du podcast ALLO Cap emploi, si vous avez des questions sur le handicap et sur l’emploi, vous êtes au bon endroit.

JINGLE « ALLO Cap emploi »

Guillaume : Bonjour à tous, c’est Guillaume.

Guillaume : Aujourd’hui, on va parler santé et prévention. En effet, dans quasiment tous les corps de métier, un soucis très particulier guette les salariés il s’agit des troubles musculo-squelettiques qui sont des maladies qui touchent les articulations, les muscles et les tendons. L’activité professionnelle peut jouer un rôle dans leur apparition, leur durée ou leur aggravation et de nombreuses entreprises sont concernées. Pour elles, cela représente un enjeu économique important.

Guillaume : Pour en parler avec nous, je reçois Harmony GIANOTTA, chargé de mission à Cap emploi 57 mais qui a une double casquette, car elle aussi Ergonome spécialisée en biomécanique, physiologie du travail motricité & sport. Bonjour Harmony, comment ça va ?

Harmony : Bonjour Guillaume, ça va très bien, merci.

Guillaume : Peux tu te présenter et nous expliquer en quoi consiste ton métier d’ergonome ?

Harmony : Alors moi je suis ergonomie depuis 10 ans, j'interviens dans tous les secteurs d'activités, du secteur tertiaire jusqu'à l'industrie, le BTP, secteur sanitaire et social et moi mon métier consiste à me rendre sur le terrain pour révéler la réalité du travail. En gros, la démarche c'est un accompagnement et des conseils pour améliorer les conditions de travail des salariés.

Guillaume : Les troubles musculo-squelettiques touchent les articulations des membres supérieurs (épaule, coude, main, poignet et doigts) ainsi que le bas du dos. On sait que l’activité professionnelle joue un rôle dans leurs apparitions surtout lorsque l’organisation du travail (répartition de la charge, définition des tâches, gestion des remplacements, etc.). Quels sont les risques principaux qu'encourent les travailleurs ?

Harmony : Les risques principaux sont les TMS. Les troubles musculo-squelettiques, cela touchent les membres supérieurs, les membres inférieurs et le tronc. Et en fait, c'est souvent lié à ce qu'on appelle les gestes répétitifs, à des contraintes posturales ou à des efforts qu'on peut faire au travail mais aussi tout ce qui est travail statique. Et bien sûr, il y a pleins d'autres co-facteurs comme l'environnement de travail, son organisation mais aussi un petit versant personnel. 

Guillaume : Est-ce que tu peux nous donner des détails parmi les exemples que tu rencontres le plus souvent?…

Harmony : Alors ce serait plus du travail à la chaîne forcément, puisque par définition le travail à la chaîne, il y a un rythme, c'est cadencé donc là les articulations font souvent être sur-sollicitées car ça va être très répétitif. Mais, je dirais que ça fait 10 ans que je suis ergonome et j'interviens énormément pour tout ce qui est secteur tertiaire. Donc tout ce qui est poste administratif, on les oublie souvent ceux-là mais en fait ce sont des postes qui sont très sédentaires. Et aujourd'hui la sédentarité tue au travail. Et la sédentarité est tout aussi importante pour la santé que des gestes répétitifs. Donc je dirais, qu'il ne faut surtout pas oublier aussi ce secteur là qui rencontre de la pénibilité au travail.

Guillaume : Quand on sait qu’en France, les TMS représentent 87 % des maladies professionnelles et que le mal de dos représente 20 % des accidents du travail. Du coup, on image bien qu’il faut de la prévention que éviter que des personnes se retrouvent en situation de handicap…

Harmony : Mais complètement ! En fait, un ergonome intervient de manière très préventive. C'est à dire que quelqu'un qui va arriver dans un milieu de travail et qui va n’avoir aucun problème de santé, cette personne là, on va essayer de lui donner tout le bagage pour se préserver au maximum.

Mais on va aussi intervenir de manière corrective quand il y a déjà une problématique et quand il y a déjà des douleurs qui sont apparues. On regarde comment on peut rectifier le tir car il ne faut pas oublier que le corps vieillit. Le vieillissement est un processus naturel donc toute personne qui est au travail peut aggraver sa santé s'il ne fait pas attention forcément à ses gestes, ses postures et à son organisation de travail. Donc je dirais qu' un ergonome peut intervenir à tous les niveaux.

Bonne posture de travail au bureau Exemple de bonne posture de travail au bureau

Guillaume : En tant que chargée de mission, est-ce que tu rencontres souvent des cas de personnes qui se sont trouvées en situation de handicap justement à cause des TMS ?

Harmony : En tant que chargée de mission Cap emploi, c'est notre coeur de métier d'accompagner des personnes qui ont des restrictions médicales et qui sont pour la plupart reconnus en tant que travailleurs handicapés ou assimilés. Oui, il y a déjà une pathologie et nous intervenons dans la compensation du handicap : on va partir de la problématique de santé pour adapter le poste de manière technique, humaine ou organisationnelle.

Guillaume : On a vu les risques pour les travailleurs mais quels sont les risques pour les entreprises du coup ?

Harmony : Forcément les entreprises ont un coût en premier lieu, humain car il y a de l'absentéisme. Il y a un risque de licenciement pour inaptitude, il y a du turnover... Et tout ceci a un coût financier direct qui est lié aux maladies professionnelles et les coûts indirects qui sont de chercher un remplacent, ce qui fait perdre du temps et de la qualité de service. L'entreprise a tout intérêt à s'investir dans la santé de ses salariés.

Guillaume : Que faudrait-il faire pour empêcher que tout ceci arrive ?

Harmony : Il faudrait considérer l'humain dans sa globalité : se rendre compte lorsqu'on aménage un poste, lorsqu'on propose à une personne de prendre un poste, de s'intéresser à l'impact autant sur sa santé physique que psychologique, c'est vraiment d'être à l'écoute de ses équipes. Et bien sûr, faire appel à des ergonomes, s'appuyer sur tous les professionnels de la santé pour être sûr que l'employeur propose des conditions de travail optimales.

Guillaume : Justement. Tu réalises plusieurs types formations pour pallier à tout ça, est ce que tu peux nous en dire deux mots ?

Harmony : Alors oui. Moi, avec des 10 ans d'expériences, je me suis rendu compte que il y a avait un versant très physique à prendre en compte. Donc tout ce qui est motricité, bio-mécanique, physiologie et c'est vrai que j'essaye de développer tout ce qui est étirements au travail. Donc les étirements pendant l'activité de travail, autant pour un secteur tertiaire, l'industrie ou le secteur sanitaire sociale et le BTP...

Je me suis aussi rendue compte que tout ce qui était échauffement au travail était nécessaire. Cela va plus cibler les personnes qui vont travailler très tôt le matin. Surtout dans notre département, notre région où il peut faire très froid. Donc le corps est plus à risque d'accident. Les échauffements pour les postes où il va y avoir de la manutention manuelle charges lourdes, des contraintes posturales...

On développe aussi par rapport au secteur tertiaire, ce qu'on appelle la formation « ergonomie et travail sur écran ». D'autant plus dans cette situation de crise sanitaire où le télé-travail se généralise. Là, c'est sûr qu'il faut absolument s'intéresser aux conditions de travail, autant en télé-travail que sur site et d'apporter, pas forcément une révolution du poste, mais d'apporter de petits conseils techniques pratico-pratiques pour justement se sentir mieux. Puisque forcément, si on se sent mieux, on est plus performant.

Et ce qu'on développe aussi, c'est tout ce qui est « gestes et postures ». Cela s'applique à tous types de métiers : de l'hôtesse de caisse à l'aide-soignante à un secteur plus informatique, absolument pour tout le monde, afin d'adopter des gestes et postures qui vont être adaptés. Ce que moi, j'appellerais plus d'économie d'efforts car on se rend compte que le corps est souvent sollicité. Et comment, peut-on trouver ces stratégies gestuelles pour qu'il y ait moins de contractions musculaires. Car lorsqu'il y a des contractions musculaires, car quand il y a une contraction musculaire, il y a une demande d'énergie et quand la demande d'énergie est constante, cela apporte de la fatigue et des douleurs.

Harmony, la Wonder-ergo Harmony, la "Wonder-ergo"

Guillaume : Merci pour ton temps Harmony. Toutes ces formations et davantage d’informations sont disponibles sur le site internet formapresta57.fr ou sur le site de Pyramide Est, j’invite tous les salariés et employeurs à s’y rendre afin de préserver au mieux la santé de tous. Au revoir à bientôt et merci de nous écouter de plus en plus nombreux, notamment sur la station de radio mosellane RPL...

MUSIQUE DE FIN

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